À Casablanca, en ce mois d'octobre, l'histoire de la peinture marocaine ne s'accroche pas dans un seul musée : elle se disperse dans la ville. L'exposition nationale « 60 ans de peinture au Maroc » y fait sa deuxième étape, dans quatre lieux à la fois.

Les dates se chevauchent. La médiathèque de la Mosquée Hassan II l'a accueillie du 3 au 17 octobre ; l'École supérieure des beaux-arts de Casablanca (ESBAC) la présente du 6 au 25 octobre, la galerie Nadar du 7 au 30 octobre et la galerie Mine d'Art du 8 au 28 octobre. Selon Infomédiaire, plus de 160 artistes de plusieurs générations sont réunis à la seule ESBAC, où les critiques Abdellah Cheikh et Benyounes Aamirouche ont pris la parole lors d'une rencontre.

Le projet est porté par le Syndicat marocain des artistes plasticiens professionnels (SMAPP), avec le département de la Culture du ministère de la Jeunesse, de la Culture et de la Communication, sous le Haut Patronage du roi Mohammed VI. Il prolonge « 50 ans de peinture au Maroc », organisée en 2015, et se veut itinérant : Rabat, Casablanca, puis Tanger, Marrakech et Laâyoune.

À Rabat, du 6 au 29 janvier, l'exposition avait réuni 150 artistes sur quatre sites, de la galerie nationale Bab Rouah au musée de Bank Al-Maghrib. Diptyk y suivait des lignes de force, la persistance de l'abstraction et l'« école du signe », avec des pionniers comme Mohamed Hamidi, du groupe de Casablanca, ou Malika Agueznay.

Le magazine en relevait aussi les limites : un accrochage inégal, des cartels manquants, une figuration et des œuvres sur papier peu présentes. Une exposition itinérante n'écrit pas l'histoire définitive d'un art national ; elle peut, ville après ville, la rendre à son public.