Samedi 17 octobre, à l'Institut français d'Abidjan-Plateau, la question posée n'était pas « qui joue ce soir ? », mais « comment naît une scène ? ». L'Alté Club Festival, initié par l'entrepreneur culturel Pierre-Marie Kouassi-Lenoir pour repérer, accompagner et valoriser les artistes émergents, a consacré sa journée à des ateliers et à deux panels, avant de se refermer sur un concert donné sur l'esplanade de l'Institut.

Le premier panel portait sur les lieux. Pour Chantal Djédjé, directrice de La Fabrique culturelle, les salles existent : à chaque artiste de choisir celles qui correspondent à son public. « Il faut grandir avec son public », a-t-elle résumé, en commençant par les petites salles. Christophe Kassi, fondateur de la Fête de la musique de Midi à minuit, a insisté sur la connaissance des attentes du public. Hyacinthe Amankou a relevé que de jeunes artistes visent les grandes scènes d'Abidjan dès leur premier titre, et les a invités à bâtir une équipe pour durer.

Le second panel demandait comment faire émerger et exporter les nouvelles scènes ivoiriennes. Autour de la table : le producteur Ali le Code, l'entrepreneur culturel Stanislas de Stabenrath, le DJ et curateur Black Charles, l'artiste Renard Barakissa, le manager Cheick Togba et le rappeur Daayvs.

Les intervenants ont constaté une scène en croissance, portée par les réseaux sociaux, et un rap ivoire comme un coupé-décalé qui gagnent en reconnaissance internationale, avec des figures comme Didi B ou Himra. Stanislas de Stabenrath a cité le Biama, rameau du coupé-décalé, comme l'exemple d'un genre qu'il faut d'abord aimer chez soi pour pouvoir l'exporter.

Les conseils, eux, étaient concrets : comprendre le branding, soigner son identité visuelle et ses clips, s'entourer d'un manager capable de gérer les contrats et de négocier avec les labels. Derrière la liste, une idée plus large : l'exportation commence dans les salles de quartier, là où un son trouve son premier public.

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