La 9e Biennale de Lubumbashi se tient du 15 octobre au 15 novembre 2026 sous un double titre, « manger la terre / kukuria bulongo ». Dans une ville dont l'histoire est liée à l'extraction du cuivre et du cobalt, ce titre sonne à la fois comme une question et comme une provocation.
L'édition est portée par Sorana Munsya, commissaire indépendante installée à Bruxelles, aux côtés de Jermay Michael Gabriel, artiste, commissaire et professeur à l'université d'Addis-Abeba. Leur point de départ : le philosophe congolais V. Y. Mudimbe, disparu en avril 2025, qui a légué sa bibliothèque personnelle à l'Université de Lubumbashi. Grâce au partenariat avec le centre d'art Picha, les commissaires ont pu travailler avec ce fonds.
Sorana Munsya résume l'édition par une question : « Comment se nourrir d'une terre qui a déjà été mangée ? » Plutôt que de s'en tenir à ce qui a été pris, elle s'intéresse à ce qui continue de circuler, de résister et de nourrir.
La biennale est organisée par Picha, centre d'art indépendant cofondé en 2008 par l'artiste Sammy Baloji, qui la présente comme la seule biennale d'art contemporain portée de manière indépendante en Afrique subsaharienne. En mai, un appel aux dons a permis de réunir environ 8 000 euros pour sauver le centre et rendre cette édition possible. Les éditions passées ont accueilli notamment Kader Attia, Zineb Sedira, Kiluanji Kia Henda, Ibrahim Mahama et Emeka Ogboh.
Cette année, le programme se déploie dans 16 lieux, du centre d'art Picha et du Musée national de Lubumbashi à l'Institut des Beaux-Arts, au campus universitaire et à la réserve botanique.