Début octobre, le Caine Prize for African Writing a désigné son lauréat 2026 : l'écrivain zimbabwéen Simbarashe Steyn Kundizeza, pour « The Blue Fighter », nouvelle parue en 2025 dans The Shallow Tales Review. Bola Mosuro, qui préside le jury, l'a saluée comme un texte « prenant, émouvant et magnifiquement construit ». La liste finale réunissait aussi des auteurs du Kenya, du Cameroun, du Nigeria et d'Égypte.
Quelques jours plus tard, la fête a tourné au débat. Le magazine The Atlantic a rapporté que l'outil de détection Pangram jugeait l'ensemble du texte généré par une intelligence artificielle, à l'exception d'un extrait de poème d'un autre auteur.
Simbarashe Kundizeza a rejeté l'accusation sur X puis dans un entretien à l'agence Associated Press, évoquant une histoire très personnelle sur l'effondrement économique et les liens familiaux. Il a aussi suggéré que les outils de détection de l'IA sont biaisés contre les écrivains africains.
Le prix n'a pas retiré la récompense. Ses organisateurs indiquent que le texte fait l'objet d'un examen, qu'il leur revient d'étudier de telles allégations, et qu'ils privilégient une approche attentive aux écrivains concernés.
AMA rendra compte de la conclusion dès qu'elle sera publiée. L'affaire pose déjà une question qui dépasse ce seul prix : comment les institutions littéraires africaines peuvent-elles juger de la paternité d'un texte quand les outils censés détecter l'écriture machine sont eux-mêmes contestés ?