Depuis plus de vingt ans, Zanele Muholi photographie celles et ceux que les archives oublient volontiers. Depuis le 9 octobre, cette œuvre porte la distinction la plus convoitée de la photographie : le prix Hasselblad 2026, remis à Göteborg, en Suède.
Annoncé en mars, le prix s'accompagne de 2 000 000 de couronnes suédoises, d'une médaille d'or et d'une grande exposition personnelle. Il inscrit l'artiste, né·e à Umlazi en 1972, dans une lignée qui va d'Henri Cartier-Bresson et Robert Frank à Nan Goldin et Carrie Mae Weems.
L'exposition a ouvert le 10 octobre au Hasselblad Center, au sein du musée d'art de Göteborg, et se tient jusqu'au 4 avril 2027. Elle réunit des photographies issues de six séries. Parmi elles : Only Half the Picture, premier témoignage sur des lesbiennes ayant survécu à des crimes de haine ; Faces & Phases, projet de portraits commencé en 2006 et toujours en cours ; et Somnyama Ngonyama (Hail the Dark Lioness), la série d'autoportraits.
Le commissariat est assuré par Louise Wolthers et Dragana Vujanović Östlind, de la Fondation Hasselblad, avec Lufuno Ramadwa, du Muholi Art Institute, l'école fondée par l'artiste pour offrir aux jeunes une formation gratuite à la photographie. Le directeur général de la fondation, Kalle Sanner, salue une pratique qui allie photographie et activisme.
L'artiste présente cet honneur comme collectif et le dédie à sa mère disparue, ainsi qu'aux mères en général. L'exposition laisse ouverte une question simple : qui a le droit d'être vu, et selon quels termes.